La Peau du Ciel, Gravitation

La dualité entre pesanteur et apesanteur, matériel et immatériel, telle est l'interrogation que Véronique Sablery pose et repose sans fin dans son travail. Cette quête philosophique, elle la traduit dans son oeuvre par une démarche, une écriture qui lui sont propres depuis une dizaine d'années, l'utilisation du verre - matériau aérien, transparent, fragile mais aussi pesant, résistant, lourd.

A l'artothèque, V. Sablery rassemble des photographies de nuages dont elle ne conserve que la surface, la couche émulsionnée, la peau. Cette peau, si fragile, il faut la protéger mais aussi la laisser voir, alors elle l'enferme entre deux plaques de verre, suspendant le temps en quelque sorte. Elle capte la course, le flux, l'évanescence même des nuages et nous les restitue dans leur fragilité et leur immatérialité, mais pour un temps qui pourrait devenir éternité.

Véronique Sablery, passionnée depuis longtemps par l'élévation, l'ascension mais aussi leurs corrélaires, la chute , la descente, trouve dans ce travail intitulé La peau du ciel , matière riche à explorer le mouvement ciel / terre et amène le spectateur à une contemplation posée, propice à la réflexion...

A l'Ecole des Beaux-Arts de Cherbourg, les gravures, dessins, pièces en verre et bois rassemblés sont placés sous le signe de la gravitation.

Ce sont le disque ou le cercle déclinés sous de multiples variantes, roues percées, auréoles, toupies qui illustrent donc le propos de V. Sablery autour d'un absolu potentiel.

L'ouverture vers le firmament, la descente au fond d'une spirale, un morceau de ciel à l'autre bout du puits, mais aussi l'idée du mouvement, celui de la terre tournant autour de son axe, tels sont les concepts évoqués par les pièces installées dans la chapelle de l'Ecole des Beaux-Arts.

Claire Tangy, Directrice de l'Artothèque de Caen, 1994

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